Dimanche 30 mars 2008
Les Bouddhistes sont les premières victimes de la répression à Lhassa. La police chinoise a investi la ville et effectue des descentes dans les maisons pour retrouver les personnes impliquées dans les récents mouvements de protestation.

Le calme serait revenu dans les rues, maintenant désertes, de la capitale du Tibet, mais des troubles continueraient d’être observés dans des provinces chinoises voisines comptant une forte population tibétaine. Selon des informations émanant du Centre tibétain pour les droits humains et la démocratie, des centaines de Tibétains se sont rassemblés dans les rues de Garzê (Ganzi), dans la province du Sichuan, et la situation serait extrêmement tendue. Des informations font également état de manifestations dans la province du Gansu.

D’après certaines personnes, la « terreur » règne à Lhassa ; la police et l’armée fouillent les maisons une par une et procèdent à des arrestations. Les conditions de détention des personnes arrêtées suscitent de graves inquiétudes.

Le gouvernement a indiqué que les personnes impliquées dans les mouvements de protestation devaient se livrer avant le lundi 17 à minuit sous peine d’encourir « de sévères sanctions ». Des témoins ont signalé que des habitants de la ville sont traînés hors de chez eux, et que les Tibétains qui ont chez eux des photos du Dalaï Lama sont emmenés par les forces de l’ordre.

Des sources officielles chinoises ont indiqué que 13 « civils innocents » avaient été tués par des émeutiers tibétains. Selon des sources tibétaines en exil, 99 Tibétains ont été tués par les forces de police armées.

Les autorités chinoises bloquent presque totalement les informations en provenance du Tibet et des régions environnantes. Elles ont coupé les liaisons par téléphone portable et par Internet à l’intérieur du Tibet. Les informations étrangères relatives au Tibet diffusées en Chine sur des chaînes étrangères sont censurées : l’écran devient noir.

Amnesty International demande aux autorités chinoises de ne pas recourir à une force excessive pour rétablir l’ordre.

« Les autorités doivent également rendre pleinement compte de toutes les personnes arrêtées et veiller à ce qu’elles ne soient pas torturées ni soumises à d'autres formes de mauvais traitements, à ce qu'elles puissent entrer en contact avec un avocat et recevoir des soins médicaux, à ce qu’elles soient présentées rapidement à un magistrat indépendant, et à ce qu’elles puissent contester leur détention, a déclaré Catherine Baber, directrice du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« La Chine doit permettre aux journalistes et aux autres observateurs indépendants de se rendre sans entrave au Tibet et dans d’autres régions où vivent des Tibétains. Elle doit également permettre à l’ONU de mener une enquête indépendante sur les événements de la semaine dernière. »
par henro publié dans : vie publique communauté : bouddhisme
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Vendredi 28 mars 2008
Partout en France la communauté bouddhiste manifeste son soutien au peuple tibétain et  dénonce la politique chinoise de répression. Les Bouddhistes sont soutenus par la ligue des droits de l’homme et Amnesty International France

Les Tibétains sont de nouveau victimes de la répression orchestrée par les autorités chinoises. Les journalistes ne peuvent se rendre sur place. Face à cette attitude autoritaire, les réactions doivent être claires : condamner la Chine pour non-respect des droits de l’homme, et veiller à ce que ces exactions ne se répètent, une fois l’attention médiatique retombée.

Depuis le 10 mars dernier, les manifestations antichinoises de Tibétains ont donné lieu à une répression intense. On parle officiellement de 13 morts, mais les associations de Tibétains en exil évoquent le chiffre de cent tués, voire plus. Les manifestants auraient utilisé la violence selon les autorités chinoises, qui auraient légitimement répondu. Mais le défaut d’informations autour de ces événements laisse à penser que la Chine utilise cet argument pour sa propagande.

Pourquoi aurait-elle empêché les médias du monde entier de pénétrer sur le territoire tibétain, si ce n’est pour masquer la réalité des faits ?

Il faut rappeler que la Chine a mis la main sur le Tibet en 1949.   Ce n’était autre chose qu’une colonisation forcée,  Il y a eu une sinisation qui n’a fait que se confirmer au cours des décennies suivantes. Il faut savoir que les manifestations du 10 mars dernier signaient la commémoration de la rébellion tibétaine de 1959, qui a marqué l’exil du Dalaï Lama en Inde. Et de telles protestations ne s’étaient pas produites depuis 1989. À cette époque, c’est le chef de l’État chinois actuel, Hu Jintao, qui les avait réprimées dans le sang. Aujourd’hui c’est un rasle- bol des Tibétains qui se manifeste.

Cette démonstration de force des autorités chinoises prouve que leurs promesses en matière de droits de l’homme n’étaient que poudre aux yeux. Pourtant, lors de l’attribution à l’empire du Milieu des Jeux olympiques d’été 2008, la Chine s’était engagée à laisser les journalistes faire leur travail. Et elle a signé, sans contraintes, les accords internationaux sur le respect des droits de l’homme. La stigmatisation virulente du Dalaï Lama, accusé d’être l’instigateur des émeutes par le régime chinois, montre bien que la Chine ne veut pas voir ou donner à voir ce qui est en jeu. C’est la manifestation d’une mauvaise foi et d’une une vision paranoïaque très caractéristiques de la mentalité du régime. Cette attitude prouve que les autorités chinoises ne veulent pas changer d’un iota. Car le Tibet, comme d’autres sujets, interpelle. Ils sont évocateurs des fractures béantes qui existent au sein du régime politique chinois.

La réaction chinoise souligne bien à quel point elle n’en a pas fini avec l’autoritarisme.
Une pratique qu’elle applique d’autant plus au Tibet, province stratégique par excellence.
Riche en ressources naturelles, elle est surtout une sorte de mirador pour surveiller les voisins de la Chine.

Face à ce constat accablant, les réactions internationales doivent s’abstenir de toute complaisance.
Les intérêts économiques considérables que représente le marché chinois pour de nombreux pays occidentaux ne peuvent justifier un mutisme coupable.

On estime encore que la Chine n’est pas comme nous. Et on explique tout par le relativisme culturel. Ce qui est en jeu, c’est une remise en cause de l’universalité des droits de l’homme. Ce n’est pas parce que la France ou d’autres pays ont eux-mêmes leurs démons, qu’ils ne doivent pas se prononcer contre toute atteinte faite aux droits de l’homme

Alors, comment réagir ? D’abord, condamner publiquement ces exactions. Mais la réaction ne doit pas seulement être événementielle. Il faut réfléchir au long terme, et enfin établir une profonde
réflexion quant à notre attitude à l’égard de la Chine

Une concertation sur l’avenir du Tibet entre les autorités chinoises et les responsables tibétains en exil, notamment
le Dalaï Lama, serait sans nul doute la meilleure solution.
Car, faut-il le rappeler, le chef spirituel bouddhiste ne réclame pas l’indépendance mais seulement le droit à une autonomie culturelle.

RSF appelle au boycott de la cérémonie d’ouverture des JO :

Reporters sans frontières avait déjà lancé sa campagne contre la censure médiatique en Chine . Mais l’organisation réagit aujourd’hui avec vigueur aux évènements tragiques du Tibet. « La Chine n’a respecté aucune des promesses qu’elle avait faites en 2001, lorsqu’elle avait été choisie pour organiser les prochaines olympiades. Au contraire, le gouvernement réprime dans la brutalité les manifestations tibétaines et impose un black-out total sur l’information. (…) Les responsables politiques du monde entier ne peuvent plus rester silencieux face à une telle situation. Nous les appelons à exprimer leur désapprobation de la politique chinoise en annonçant leur intention de ne pas assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Le Prince Charles, en Grande-Bretagne, a déjà indiqué qu’il n’irait pas à Pékin le 8 août prochain. D’autres doivent suivre », a déclaré Reporters sans frontières.

par henro publié dans : vie publique communauté : bouddhisme
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Jeudi 21 février 2008
Toutes les croyances sont respectables, mais pas toutes les pratiques, en particulier celles de la Scientologie.

"En France, les sectes sont un non-problème", affirme Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet  du président de la République dans un entretien publié par l'hebdomadaire VSD.

Elle y estime aussi qu'"on peut s'interroger" sur la menace représentée par l'Eglise de Scientologie, considérée comme une secte dans les rapports parlementaires français mais qui bénéficie du statut de religion aux Etats-Unis notamment.

Selon VSD, Mme Mignon aurait ainsi qualifié de "scandaleuse" la liste rédigée par la commission parlementaire, où figure la Scientologie.

Elle aurait aussi indiqué que le gouvernement veut "transformer" la Miviludes qui, "à part publier des rapports annuels", "ne fait rien", et "rattacher ce nouvel organisme au ministère de l'Intérieur" plutôt qu'au Premier ministre.

Alors que les positions de Nicolas Sarkozy sur la religion et la laïcité continuent de faire grincer des dents, les propos prêtés à Mme Mignon ont été vivement attaqués.

Daniel Vaillant, ancien ministre socialiste de l'Intérieur et des Cultes, estime pour sa part que les propos de la directrice de cabinet, s'ils ont été tenus, confirment que depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, "le combat contre les mouvements sectaires est sérieusement menacé" en France. Pour Daniel Vaillant, le lobbying mené depuis des années par cette organisation pour bénéficier d'un statut protecteur et fiscalement avantageux "rencontre la bienveillance de celui qui ne cachait pas sa fierté il y a quelques années de recevoir le VRP de cette organisation."

Alors qu'il était ministre de l'Economie et des Finances, Nicolas Sarkozy avait accueilli le 30 août 2004 à Bercy l'acteur américain Tom Cruise, membre de l'Eglise de scientologie, classée par la Miviludes comme une secte.

"Aujourd'hui, des conseillers du président vont jusqu'à banaliser des mouvements tels que la scientologie", ajoute-t-il.

Même le camp de l'UMP est ému par ces propos:

Alain Gest (UMP), membre du conseil d'orientation de la Miviludes, a fustigé "une méconnaissance totale" de la question des sectes.

Jean-Pierre Raffarin, l’ancien Premier ministre, a donné quelques conseils à Emmanuelle Mignon: «S’exprimer, c’est un métier. On ne passe pas de l’ombre à la lumière sans éclat. Et donc, ce genre de polémique, on s’en passerait, surtout en période électorale.»

Le souverainiste de droite Nicolas Dupont-Aignan a appelé le chef de l'Etat à "clarifier la position de l'Etat".

François Bayrou (MoDem) s'est indigné d'"une réhabilitation de la Scientologie". Il a rappelé la visite en 2004 de l'acteur américain Tom Cruise, adepte de ce groupe, à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie.

"L'historien allemand de renom Guido Knopp a comparé l'acteur et membre de l'église de la scientologie Tom Cruise au ministre nazi de la propagande Joseph Goebbels, dans un article paru dimanche. "Tom Cruise se met en scène comme Goebbels", a dit à la Bild am Sonntag l'expert de la Deuxième Guerre mondiale après avoir visionné une vidéo où la vedette hollywoodienne fait un discours devant des membres de la scientologie.
Dans cette vidéo qui remonte à quatre ans, visible sur l'internet et dont Bild publie des photos, Tom Cruise en costume, chemise et cravate noirs, adossé à un pupitre en marbre et dorures orné du symbole de la scientologie et avec derrière lui une énorme carte du monde, lance : "Should we clean this place up?" ("Devons-nous nettoyer ce monde?"). Une foule l'accueille avec un "Yes" ("Oui") massif.
"Il est possible que la manière de parler de Cruise soit assez courante dans nombreux “mouvements d'éveil” aux Etats-Unis," mais "par la force des choses, cette scène rappelle pour chaque Allemand qui s'intéresse à l'Histoire le tristement célèbre discours de Goebbels au Palais des sports," souligne Knopp dans le journal. Le 18 février 1943, Gebboels avait hurlé dans le Palais des sports de Berlin : "Voulez-vous la guerre totale?", approuvé à l'unanimité par une foule en délire."

Rappelons quelques données sur la Scientologie:

Le but de la Scientologie étant de faire progresser l'homme, de le débarrasser de tout ce qui bloque son mental et nuit à son épanouissement, l'adepte doit commencer par une purification, avec jogging, sauna et cure survitaminée. La seconde étape est d'éliminer "les engrammes, c'est-à-dire les mauvais souvenirs qui seraient responsables de nos maladies psychosomatiques, parasiteraient nos pensées, altéreraient nos jugements." Une forme de psychanalyse par la verbalisation a pour objectif de sonder le passé, voire les vies antérieures. L'audition de l'adepte se déroule, vernis scientifique oblige, à l'aide d'un électromètre, appareil inventé par Hubbard pour localiser les engrammes. L'appareil, dont l'aiguille ne bouge plus quand, à l'évocation d'un mauvais souvenir, il n'y a plus d'engrammes, "n'est rien d'autre qu'un leurre destiné à donner un aspect scientifique à une opération qui n'a rien de tel".

Pour donner un peu plus de consistance scientifique à ses théories, Hubbard les a assorties, sur le mode des "lapalissades", de 194 axiomes. "Rappel de la définition d'un axiome selon le Petit Robert : une vérité indémontrable ! Pratique."

Pour Arnaud Palisson, auteur de "La Grande Enquête sur la Scientologie, une secte hors la loi", les activités de la Scientologie contiennent de nombreuses infractions à la loi. En fait "l'électromètre est un simple ohmmètre" [...] "dans un joli boîtier", vendu à un prix prohibitif, pratique qui relève de la tromperie en droit de la consommation. Les séances d'audition et autres tests de personnalité peuvent être considérés comme de l'"escroquerie en bande organisée." La démarche de purification s'apparente à un exercice illégal de la médecine. "Pire : les scientologues se substituent parfois aux psychiatres en mettant à l'isolement durant des semaines (voire des mois) des adeptes qu'ils jugent psychotiques." On pourrait se demander pourquoi la Scientologie n'est pas inquiétée, mais les choses seraient en train de changer avec plusieurs instructions judiciaires en cours en France et en Europe. L'utilisation par les juges de la thèse d'Arnaud Palisson "semble avoir conduit à une requalification de certains faits visant de hauts responsables de la secte, susceptibles d'aboutir à une repression accrue".


 

par henro publié dans : vie publique communauté : Diverses croyances...
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Mardi 19 février 2008

L'école Shingon (眞言 ) est une école bouddhiste vajrayâna japonaise, fondée au VIIIe siècle par le moine Kûkai qui reçut le titre posthume de '''Kobo Daishi''', le grand instructeur de la Loi. Le nom signifie « parole vraie »; c'est la traduction japonaise du mot sanscrit mantra qui désigne la prière mystique en Inde.

Son idéal se résume dans la phrase « Sokushin-Jôboutsu », qui signifie « devenir bouddha dans cette vie avec ce corps ». C'est en purifiant le cœur de ses passions parasites, en cultivant modestie, simplicité, pureté, concentration qu'il devient possible d'exprimer son esprit bouddhiste.

L'enseignement du Shingon se réfère principalement à deux textes sacrés, le Kongôtchô-kyô et le Daïnitchi-kyô, écrits vers le IIe siècle au monastère de Nalanda dans le nord de l'Inde. Cette école bouddhiste du yoga des trois mystères, le « traïguya-yoga », explique qu'il est possible de devenir Bouddha dès cette vie.

Ces enseignements affirment que la nature originelle de l'esprit de l'homme est pur, c'est le cœur de compassion, la « bodhi », dont l'essence est identique à celle de l'Univers. Si nous souffrons, c'est parce que nous nous attachons à ce qui est éphémère dans ce monde de la forme et du désir, que chacun conçoit ainsi en fonction de ce qu'il est intérieurement. Les passions, regroupées sous le vocable de triple poisons (la concupiscence, la colère et l'aveuglement) correspondent à des forces vitales nécessaires à la survie et au développement de tout organisme animal. Le désir et l'aversion structurent le moi et l'obligent à se perfectionner pour mieux arriver à ses fins matérielles. Durant de nombreuses vies passées, la nécessité de s'affirmer et de défendre son territoire, malgré et contre les autres, a développé une vision dualiste du monde qui a imprégné le subconscient de tous les êtres.

C'est la principale cause de l'égarement, de la perte d'une perception plus globale de la vie, l'« inscience ». C'est pourquoi dans le bouddhisme ordinaire, on conçoit que c'est par l'extinction des passions que peut être atteinte l'illumination, ce qui laisserait penser qu'il y a de bonnes et de mauvaises tendances dans l'être humain, ce qui aurait pour effet de le dualiser, de « diaboliser » sa sensualité. Il ne s'agit pas de renoncer à tous ses besoins, mais de spiritualiser sa vie, par exemple en mangeant avec un sentiment de reconnaissance vis-à-vis des êtres aux dépens desquels nous nous nourrissons. Ainsi, se nourrir devient une pratique spirituelle, parce qu'absorber de la nourriture revient à participer au processus de vie de l'univers. Si d'un point de vue relatif, il reste exact que les passions sont source d'égarement et de souffrance ; dans le vajrayâna les passions sont considérées en vérité absolue de la même nature que l'éveil (soku bodaïshin), car c'est cette même force vitale qui anime les êtres vers des désirs mondains qui va être transformée, sublimée par alchimie interne en énergie spirituelle de compassion-sagesse, dont l'essence est la nature ultime de l'univers et de tous les êtres. Celui qui réalise que le fond de son cœur, « bodhi », est le même que celui de tous les êtres, devient un avec le tout, il dissout son moi dans l'univers comme une goutte d'eau se dissout dans l'océan.

Le Shingon utilise la nature comme symbole pour expliquer le monde spirituel invisible considérant que la vie des êtres et de la nature est l'expression du Bouddha conçu dans son aspect Dharmakaya, la force de vie de l'univers. Cependant, le shingon n'est pas un panthéisme, il ne se réduit pas au culte des forces de la nature comme dans le shintoïsme. Quand on parle par exemple des cinq éléments ou du soleil, il s'agit d'états de conscience qui sont décrits ainsi. Dans le Shingon, le Bouddha ultime symbolisant l'univers est appelé « Dainishi Nyorai » Maha Vairocana, le Bouddha grand soleil, car la lumière du soleil symbolise au mieux l'état de la conscience purifiée qui perçoit la vacuité. La lumière blanche est la synthèse et la source de toutes les autres couleurs. C'est pourquoi il existe un Bouddha ultime qui rassemble toutes les qualités des autres bouddhas et Bodhisattvas, qui sont l'expression de ses différents aspects. Il s'agit donc de faire fusionner son esprit avec « Dainishi Nyorai » par la pratique des trois mystères, qui sont le mystère du corps, de la parole, et de la pensée, c'est-à-dire effectuer simultanément un geste symbolique avec les mains, un mûdra, répéter un mantra et visualiser devant soi la forme de la divinité bouddhique en rapport. Comme l'univers est très vaste, nous avons à développer diverses qualités de conscience pour nous y intégrer harmonieusement, elles sont les étapes qui amènent à l'éveil spirituel, samadhi. Ce processus d'éveil a été structuré sous la forme d'un diagramme mystique appelémandala, comportant différents quartiers avec de nombreux bouddhas. Un mandala est une carte d'anatomie spirituelle de l'homme expliquant comment pénétrer à l'intérieur de ses centres d'énergie (chakra).

La méditation sur sa forme en répétant les mantras et effectuant les mûdras permet de se connecter avec le cœur des bouddhas et du maître qui a initié le pratiquant. Les deux grands mandalas du Shingon, le Kongôkaï et le Taïzôkaï, regroupent ainsi de nombreuses divinités bouddhiques symbolisant différents niveaux de conscience. Disposées en plusieurs quartiers, expriment la compassion, douceur, d'autres l'intelligence, le discernement, d'autres encore l'énergie, la force pour vaincre tous les aspects négatifs du subconscient. La voie qui mène à l'éveil spirituel est donc celle du développement de toutes nos potentialités, qui peuvent se regrouper en deux mondes, se complétant et s'enrichissant mutuellement. Le monde des idées, Kongôkaï (plan du vajra) et le monde de la sensibilité, Taïzôkaï (plan de la matrice). Afin de comprendre ce qu'il perçoit du monde, l'homme doit l'analyser et élaborer des concepts avec discernement. C'est pourquoi on symbolise par le vajra, le diamant qui coupe, le principe masculin de sagesse.

Cependant pour comprendre vraiment, il faut aussi le percevoir dans sa totalité au-delà des détails, sinon la théorie inventée pour l'expliquer peut être réductrice et fausse. Il faut donc augmenter la sensibilité et le volume des perceptions, en faisant abstraction de ses a priori ou de ses théories antérieures, c'est-à-dire développer une ouverture intérieure vis à vis de l'autre, vis-à-vis de la vie, qui n'est possible que si le cœur est humble, doux, sans préjugé, compatissant, c'est le cœur de bodhi. Plus la compassion est grande, plus les perceptions deviennent fines, directes, immédiates, car on perçoit l'autre par fusion globalisante du cœur.

Ce n'est pas par un raisonnement que la connaissance est obtenue, mais par l'intuition, c'est pourquoi on l'identifie au monde féminin de la matrice, le Taïzôkaï qui décrit la diversité de la vie, correspond aux cinq éléments : la terre, l'eau, le feu, l'air, l'éther. Le monde du Kongôkaï est le 6e élément, la conscience. Développer et unir en soi ces deux mondes, deux polarités latentes en chacun de nous, féminine et masculine, intuitive et réflexive, active et méditative, c'est trouver l'équilibre intérieur. Pour atteindre l'éveil, il faut faire fusionner ces deux principes en soi. C'est au cours de cérémonies d'onctions appelées « kanjô », que le maître l'acariya consacre l'eau pour transmettre directement l'essence de la connaissance et de la compassion du Kongôkaï et du Taïzôkaï. Transmission qui se fait de cœur à cœur.

Source Le site du Henro

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Vendredi 15 février 2008

Le Dharma (mot sanskrit , en japonais 法 ( ほう Hô) ou Dhamma (depuis le pali), est un terme utilisé à la fois dans l'hindouisme et le bouddhisme. Selon le contexte la définition diffère, et recouvre une grande variété des sens théoriquement dérivés de la racine dhar, porter, soutenir:

  • Loi naturelle ou juridique, coutume, devoir, droit, justice;
  • Ssubstance, essence, caractéristique, vérité, réalité;
  • Vertu, religion, enseignement, doctrine;
  • Phénomène, fait de conscience et même atome.

Le Dharma ne fait pas référence aux lois régissant les castes comme dans le mode de vie hindou, mais à l'enseignement du Bouddha, qui décrit par exemple la source de dukkha (« souffrance », « insatisfaction », « mal de vivre »), sa cessation et le chemin qui mène à cette cessation.

Un dharma est ici une loi universelle, et l'enseignement une constatation du fonctionnement du monde et de l'esprit, que le bouddhisme s'attache à transmettre et expliquer. Très souvent un enseignement mène à l'autre.

Par exemple la méditation des enseignements sur l'impermanence des phénomènes et leur interdépendance, bientôt suivi de l'expérience intime de cet réalité, préparent aux enseignements sur la vacuité essentielle, et suscitent son appréhension intuitive immédiate.

Dans la perspective la plus élevée (parama-rtha), Dharma désigne finalement la nature ultime du réel.

Dans les traités bouddhiques, le Dharma est considéré comme un des trois refuges : « Le don du Dhamma surpasse tous les dons ; la saveur du Dhamma surpasse toutes les saveurs ; le délice dans le Dhamma surpasse toutes les délices. »
Prendre refuge signifie, dans le bouddhisme, prendre appui sur les forces du Bouddha, du Dharma (l'ensemble des enseignements) et de la Sangha (l'ensemble des pratiquants), afin d'assurer sa libération des tourments du samsara.

Le Dharma bouddhique est symbolisé par une roue (dharmaçakra) et le premier sermon du Bouddha est souvent assimilé à la mise en branle de la roue de la loi (dharmaçakrapravartana). Selon le contexte, dharma peut aussi être traduit et compris par : « ce qui doit être » ou « l'action juste » : on parle donc parfois de « dharmas » pour désigner les préceptes sous leur forme positive.

Dans le bouddhisme Zen, la transmission de l'enseignement du Dharma de maître à disciple est attestée par un document appelé shiho.

 Voir le site du henro


Dharmaçakra

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Vendredi 15 février 2008
le bouddhisme est fondé sur un triple socle appelé les Trois Joyaux : les bouddhistes déclarent prendre refuge dans le Bouddha, le fondateur du bouddhisme, dans le Dharma, l'ensemble des enseignements du Bouddha et dans le Sangha, la communauté des adeptes, (seulement l'ordre monastique pour certains). C'est précisément sur cette division que cet article est structuré.

La prise de refuge est en quelque sorte le baptême bouddhiste, le point de départ de son engagement spirituel. Prendre refuge signifie prendre appui sur les forces combinées des trois joyaux afin d'assurer sa libération des tourments du samsāra, la tempête d'insatisfaction et de souffrance de laquelle on se met à l'abri. Cependant:

Le terme de "sarana", qu'on traduit généralement par "refuge", n'est pas à comprendre comme un endroit où l'on se réfugie pour fuir ou échapper au malheur. Etymologiquement, "sarana" veut dire "point d'appui", "source de lumière". Les Trois Joyaux sont donc les fondements de la pratique, sur lesquels on prend appui pour marcher sur la Voie, Trois Joyaux qui illuminent les ténèbres de l'ignorance.

Refuge est pourtant le terme consacré, mais śaraṇa signifie aussi sanctuaire, ce qui apporte d'autres connotations de retrait, de consécration et de recueillement, de sorte qu'on peut comprendre la prise de refuge classique ainsi: Je vais vers le triple Joyaux comme en un sanctuaire.

Voici finalement ce texte classique de la prise de refuge, en sanscrit, avec sa traduction littérale:

बुद्धं शरणं गच्छामि।
Buddhaṃ śaraṇaṃ gacchāmi

Au Bouddha en refuge je vais,

धम्मं शरणं गच्छामि।
Dharmaṃ śaraṇaṃ gacchāmi

Au Dharma en refuge je vais,

संघं शरणं गच्छामि।
Saṃghaṃ śaraṇaṃ gacchāmi

Au Sangha en refuge je vais.

Voici aussi la prise de refuge tibétaine, qui inclut l'aspiration à l'Éveil universel:

SANGYE/TCHEU TANG/ TSHOG KYI/TCHOG NAM LA

Dans le Bouddha, le Dharma, et le Noble Sangha,

DJANG TCHOUB/PAR TOU/DAG NI/KYAB SOU TCHI

Je prends refuge jusqu'à l'éveil complet.

DA GUI/DJIN SOG/GYI PEL/SEU NAM KYI

Par le mérite résultant de ma pratique du don et des autres perfections de vertu,

DRO LA/PEN TCHIR/SANGYE/DROUP PAR SHOG

Que je puisse réaliser l'état de Bouddha pour le bien de tous les êtres.
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Lundi 11 février 2008
Kôbô-Daïshi (弘法大師, 15 juin 774 - 22 avril 835), plus connu sous le nom de Kûkai (空海), est le saint fondateur du Shingon; il est aussi une figure marquante de l'histoire du Japon : son esprit universel a fortement influencé la culture et la civilisation japonaises. C'est non seulement un grand religieux, mais aussi un éminent homme de lettres, un philosophe, poète et calligraphe. Toute sa vie il manifesta une grande bienveillance pour tous les êtres, et c'est pour cette raison qu'il est encore, de nos jours, si populaire au Japon.

En savoir plus sur Kukai

Biographie

Kûkai nait en 774, au village de Byôbuga-ura, tout près du futur temple de Zentsû-ji dans l'île de Shikoku. Sa famille est prospère, son père avait exercé le rôle de gouverneur de province. Il est le troisième enfant et reçut le prénom de Mao, qui signifie « Poisson de vérité ». Déjà dans ses jeux, il montre une profonde attirance pour la religion car il façonne des Bouddhas en argile pour ensuite les prier sur des petits autels. À l'âge de 15 ans, il se rend à la capitale, Kyoto, auprès de son oncle, savant renommé, pour étudier les belles lettres chinoises et les textes du Confucianisme. Inscrit au collège gouvernemental à 18 ans, il étudie assidûment durant deux ans ; mais le jeune Kûkai s'intéresse plus au Bouddhisme qu'à sa carrière. Il étudie en particulier les textes anciens du Bouddhisme traditionnel de Nara. Comprenant la vanité de ses études laïques, il quitte le collège malgré la forte opposition de son entourage.

Mesurant la misère du peuple, Kûkai choisit de vivre en ascète errant, pour approfondir sa foi par la pratique religieuse. Disciple d'un maître de temple, le prêtre Gonzô, qui l'initie au rituel de Goumonji, il pratique intensivement ce rituel et vit tantôt dans des huttes au sommet des montagnes, tantôt dans des grottes au bord de l'océan.

À vingt quatre ans, il écrit le « Sangô Shiiki », la vérité finale des trois enseignements, y comparant les trois idéaux du Confucianisme, du Taoïsme et du Bouddhisme, pour conclure que ce dernier est plus profond et plus apte à sauver les êtres, puisqu'il résout les problèmes de fond de la vie humaine. Il répond ainsi aux reproches de son entourage qui l'accusait de ne pas vouloir servir son pays, et dès lors il se consacre entièrement à l'étude de la Voie.

En 804, à 31 ans, grâce à l'appui de sa famille, il reçoit l'autorisation de partir en Chine pour approfondir ses études. Juste avant son départ il reçoit officiellement l'ordination de moine et prend le nom de Kûkai qui signifie « Océan de Vacuité ». Après quelques péripéties, il arrive à Chang'an la ville internationale la plus cultivée et la plus prospère du monde à l'époque. La Chine des Tang est à son apogée et, commerçants, philosophes et religieux du monde entier se côtoient dans sa capitale. Kûkai se cultive et se rend célèbre à la cour de l'empereur pour la beauté de ses calligraphies. Il apprend le sanscrit auprès d'un maître indien. Cependant sa rencontre la plus importante est celle avec Keïka-Ajari, ( Hui-go) le disciple de Fûkû-Sanzô (Amoghavajra), le plus grand maître vénéré de l'ésotérisme chinois.

Dès la première rencontre en mai 805, Keïka-Ajari reconnait Kûkai: « Je savais que vous viendriez. J'avais attendu si longtemps. Quel plaisir de vous voir ! mais hélas ma vie se termine et je ne sais si j'aurais le temps de vous transmettre mon enseignement. » Keïka-Ajari l'initie aux cérémonies de consécration « Kanjô » durant lesquelles le disciple, les yeux bandés, doit découvrir avec quelle divinité il a la plus grande affinité. À cette occasion, la fleur que lance Kûkai sur un mandala (diagramme symbolisant l'univers) tombe deux fois de suite au milieu, à l'emplacement du Bouddha principal (Daïnitchi-Nyorai). C'est ainsi qu'il reçoit le titre de Henjô-Kongô (le diamant qui illumine tout). En quelques mois, il reçoit tous les enseignements essentiels de Keïka-Ajari. Après cette période de transmission intensive, le Maître meurt à la fin de l'année. Kûkai était son dernier disciple et il était, parmi tous, celui qui avait reçu les enseignements les plus complets.

Il rentre au Japon en Août 806. Dès son arrivée, il envoie à l'empereur la liste des nombreux objets et documents qu'il rapporte de Chine. Grâce à sa longue préparation effectuée au Japon, il avait pu assimiler très rapidement non seulement les enseignements bouddhiques, mais aussi d'amples connaissances de culture générale, en lettres, calligraphie, médecine, travaux d'art, architecture, etc.

Sur l'ordre de l'empereur, il séjourne au temple de Takaosanji au Nord de Kyoto. Durant cette période, de graves troubles politiques secouent le pays, et Kûkai fait des cérémonies pour apaiser la guerre civile. En 810, il obtient la permission de l'Empereur pour fonder l'école Shingon. Il en résume les points caractéristiques ainsi :
« Le Shingon est l'enseignement le plus profond du Mahayana. Il se consacre a assurer la paix du pays par la prière, a sauver tous les êtres en chassant les malheurs et en apportant les bonheurs. Son idéal, c'est devenir Bouddha, dans cette vie, avec ce corps, ce qui signifie vivre dans la vérité ».

Pour donner un lieu à cette école Shingon, il fonde aussitôt, avec l'aide de son père, le temple Zentsû-ji près du lieu de sa naissance. Ce temple sera achevé en 716 et est aujourd'hui le plus vaste de l'île de Shikoku.

A cette époque, il est en contact avec le moine Saïchô (Kogyo Daishi) et quelques-uns de ses disciples. Saïchô était parti en Chine en même temps que lui et dès son retour au Japon, avait fondé en 805 l'école Tendai au mont Hieï. Saïchô n'ayant pas reçu les enseignements les plus profonds il demande ensuite à Kûkai de lui transmettre par écrit certains livres pour structurer sa doctrine. Celui-ci accepte en partie, refusant seulement de lui transmettre ce qui, à ses yeux devait passer par une initiation sur plusieurs années. Des disciples de Saicho ayant décidé de rester avec Kukaï firent que les relations entre les deux hommes s'interrompirent.

En 816, l'empereur lui donne la permission de construire un monastère sur le mont Kôya. Situé à 850 m d'altitude, ce plateau entouré de huit montagnes évoquait pour lui le Royaume de la Matrice, le lotus à huit pétales où siège le Bouddha. Son isolement et sa végétation magnifique en faisaient un lieu privilégié pour la méditation, mais les travaux de construction rencontraient des difficultés dues au froid, à la neige persistante et à l'éloignement de toute autre habitation. Toutefois, petit à petit, un monastère s'édifie. Le temple fut appelé le sommet de Vajra, « Kongôbuji ». En 834, commence la construction du stupa principal, Daïtô, sorte de temple reliquaire, haut de cinquante mètres, contenant des statues de Bouddha, ainsi que celle du Saïtô (stupa de l'ouest). Kôbô-Daïshi ne vivra pas assez longtemps pour voir l'achèvement de tous les projets qu'il avait conçus. Mais ses disciples continueront son œuvre et actuellement le Kôyasan est le centre le plus important du Shingon, célèbre dans tout le pays et visité chaque année par des milliers de pèlerins.

En 832, l'empereur offre à Kûkai un des deux grands temples de la capitale, situé à l'Est de Kyoto, le Tôji. Il consacre ce temple pour la protection spirituelle du pays, et en fait le temple siège du Shingon. Là, pour la première fois, une cinquantaine de moines étudient exclusivement la doctrine ésotérique. En peu de temps, d'autres bâtiments s'édifient et la construction d'une grande pagode à cinq étages (Gojû-no-tô) s'amorce. Le Tôji reste aujourd'hui un des plus grands temples du Shingon où, au début de chaque année, les principaux grands maîtres du Shingon se retrouvent, et durant une semaine pratiquent des rituels pour la protection de l'empereur, du pays et de tous les êtres.

Durant toute sa vie, Kûkai œuvre pour soulager la misère du peuple, ses qualités humaines et sa conduite exemplaire en faisant un modèle pour tous. Sa réputation de meneur d'hommes fait qu'on lui confie la reconstruction d'une digue, que les ingénieurs n'arrivaient pas à colmater. En 828, il ouvre près du Tôji, la première école d'enseignement populaire au Japon. C'est à cette époque qu'il compose également l'un des premiers dictionnaires du japonais. Il aurait pris une part importante dans la création et la vulgarisation des écritures sylabaires japonaises les katakana et les hiragana.

A cinquante huit ans, il tombe malade et doit se retirer des affaires publiques. Il retourna à Kôyasan pour se soigner et s'occuper de ses disciples. Le 21 Mars 835, âgé de soixante deux ans, il entre dans le samadhi éternel. En 921, il reçoit le titre posthume de Kôbô-Daïshi, le Grand Instructeur qui a répandu la loi.

Doctrine

Voici l'analyse de ses principales œuvres philosophiques :

  • Sango Shiki (797). Dans cet ouvrage, qui est l'un des plus anciens essais de philosophie comparée, il compare les mérites respectifs du Taoïsme, du Confucianisme et du Bouddhisme. L'essence du confucianisme est de donner un fondement philosophique à la morale et à la politique quotidienne. Le taoïsme, parce qu'il s'élève au principe métaphysique (Tao), lui est supérieur. Mais le bouddhisme, à travers la doctrine du karma et de la réincarnation englobe les trois temps et ouvre sur la vérité éternelle, surpassant donc le taoïsme.
  • Benkenmitsunikyo-ron « comparaison des Bouddhismes ésotérique et exotérique », 816. Il y démontre la supériorité de l'ésotérisme sur l'exotérisme des autres écoles. Cette supériorité provient de l'expérience qu'il procure et sur laquelle se fondent les dogmes, tandis que l'exotérisme explique les dogmes sans parvenir à l'expérience.
  • Himitsu Mandala Jugu Shinron « Les dix stades de la prise de conscience du mandala secret », 830. Dans ce chef d'œuvre de la maturité, Kûkai élargit sa compréhension des autres écoles et religions. Il pense que toutes les philosophies spirituelles de l'Asie (du confucianisme à l' hindouisme) sont l'expression d'une prise de conscience religieuse de la réalité que symbolise le mandala. Le rôle du bouddhisme ésotérisme qui est la philosophie universelle, est de révéler le fondement commun de l'expérience religieuse de toutes les écoles.

Son rayonnement de nos jours

Derrière le temple d'Okuno-in à Kôyasan, se trouve son tombeau ; mais les fidèles et les moines pensent qu'il est toujours vivant et qu'il veille sur eux. Son corps qui est resté intact est dit médité en attendant la venue du prochain Bouddha Maïtreya. Malgré les siècles qui passent, il est toujours aussi aimé et présent dans les cœurs. Dans tout le Japon, des temples grands ou petits lui sont consacrés, tels ceux de Nishiaraï-Daïshi, Kawasaki-Daïshi près de Tôkyô où toute la journée on lui rend un culte, et durant les rituels de feu, on invoque son nom pour qu'il exauce les prières.

Un des lieux où on le prie le plus, est certainement son île natale de Shikoku. Un pèlerinage circulaire lui est consacré, quatre vingt huit temples principaux et quelques temples secondaires se répartissent comme les grains d'un chapelet sur la périphérie de l'île. Chaque année, des millions de japonais s'y rendent pour prier et bénéficier de la grâce des Bouddhas.


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Jeudi 7 février 2008
Les trois Caractéristiques des Phénomènes

1 - l'Impermanence ou Aniccâ/Anitya - mi-rtag-pa - ceci dénote le caractère passager des choses et des phénomènes auxquels nous nous attachons avec plus ou moins d'intensité, générant ainsi la seconde caractéristique -

2 - L'Insatisfaction, souffrance, douleur, misère ou Dukkha - sdug-bsngal - ceci concerne nos désirs, nos attachements, nos émotions qui ne voient souvent pas leurs "récompenses" et qui les voyant en suscitent d'autres dans une spirale sans fin.

3 - Le Sans-essence, l'absence de soi,  ou Anattâ /Anâtman - bdag-med-pa - c'est l'interrelationnalité des choses et des phénomènes qui, pris isolément, n'ont aucun être par et eux-mêmes. Exemple. que serait cette page sans traitement de texte, éditeur WEB, site, Internet ...et surtout sans les internautes, curieux et désireux de savoir ce qu'est le Bouddhisme de base ?

D'autre part, on les trouve formulées comme suit:

1 - Tous les agrégats sont impermanents et source de souffrance
2 - Tous les agrégats sont insatisfaisants et source de souffrance
3 - Toutes les " choses ", tous les " phénomènes " sont sans essence propre, car interelationnellement imbriqués à l'image des pièces d'un puzzle
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Jeudi 7 février 2008

Quel doit être le comportement du Henro quand il visite un temple:

Le rituel de la visite est très libre. Certains prennent une photo rapide de chaque temple et repartent aussitôt, souvent en taxi. D'autres visitent les bâtiments et en goûtent l'architecture ou les jardins.
Les pèlerins des bus climatisés se précipitent au bureau pour faire tamponner leurs carnets et font le tour du temple à pas rapide en 10 minutes.

Les étapes de la visite complète sont les suivantes, mais certaines de ces étapes peuvent être omises:

  • Avant de franchir la pore principale (San-mon), s'incliner et saluer.
  • Se purifier les mains (et théoriquement, se rincer la bouche).
  • Sonner la grosse cloche à l'entrée pour attirer l'attention des esprits (mais certains temples brident la cloche en cas de grosse affluence).
  • Au Hondô, allumer des bougies, offrir des bâtonnets d'encens (senkô).
  • sonner la cloche du Hondô, donner des pièces de monnaie (Osaisen) dans les boîtes en bois devant le temple, et déposer son Osame-fuda dans les boites métalliques.
  • S'incliner en priant, chanter le Sutra du cœur "Hannya Shingyô".
  • Réciter le Mantra du Honzon du temple.
  • Réciter le mantra Kômyô-shingon, et diverses prières.
  • Au Daishidô, allumer des bougies, offrir des bâtonnets d'encens (senkô).
  • sonner la cloche du Daishidô, donner des pièces de monnaie (Osaisen) dans les boîtes en bois devant le temple, et déposer son Osame-fuda dans les boites métalliques.
  • Chanter le Gohôgô Mantra "Namu Daishi Henjo Kongo" 南無大師遍照金剛 (Salut Daishi, diamant qui illumine tout), en l'honneur de Kûkai (Kôbô Daishi) de 1 à 21 fois.
  • Prier une dernière fois (Kigan) et chanter un Goeika.
  • Avant de quitter le temple aller au bureau Nôkyôjo 納経所 obtenir le Hôin 宝印 (sceau du temple), plus communément appelé du nom générique Nôkyô, et faire calligraphier la page, pour 300 yens chaque fois. Certains font apposer les tampons sur un rouleau Kakejiku 掛軸 (かけじく), ou sur leur veste blanche
  • en quittant le temple par la porte principale (San-Mon), se retourner, s'incliner et remercier pour la visite.


allumer les bougies

Nôkyôjo 納経所 (bureau des tampons et des calligraphies)


Hondô 本堂 (temple principal)
indiqué par le petit moine qui tient une pancarte



Daichidô 大師堂 (temple de Kôbô Daichi)
indiqué par le petit moine qui tient une pancarte



faire brûler l'encens

 
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Lundi 4 février 2008

Le terme Henro désigne les pèlerins qui effectuent le Pèlerinage des 88 temples de Shikoku (四国八十八箇所 - Shikoku Hachijūhakkasho). C'est à l'égal du pèlerinage d'Ise, l'un des deux plus grands et des plus fréquentés du Japon.

Dans sa version stricte, il est long de 1170 km et les pèlerins qui le font entièrement à pied mettent entre 40 et 55 jours pour le terminer.

Aujourd'hui il est souvent fait en une dizaine de jours par des pèlerins qui ne ne s'arrêtent que dans les principaux temples et qui utilisent le train, le bus ou même les taxis.
Le mode le plus fréquent est en fait le voyage organisé, avec guide, quelquefois des moines bouddhistes, forfait tout compris 12 jours pour environ 200 000 ¥
Les pèlerins sont aussi appelés o-henro-san (お遍路さん).

Le circuit peut être allongé par la visite de temples supplémentaires (Bangai), qui portent le nombre total à près de 200 et la longueur totale à plus de 1630 km. Le chemin du pèlerinage s'appelle Henromichi 遍路道 (へんろみち).

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