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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 11:40
Les Bouddhistes sont les premières victimes de la répression à Lhassa. La police chinoise a investi la ville et effectue des descentes dans les maisons pour retrouver les personnes impliquées dans les récents mouvements de protestation.

Le calme serait revenu dans les rues, maintenant désertes, de la capitale du Tibet, mais des troubles continueraient d’être observés dans des provinces chinoises voisines comptant une forte population tibétaine. Selon des informations émanant du Centre tibétain pour les droits humains et la démocratie, des centaines de Tibétains se sont rassemblés dans les rues de Garzê (Ganzi), dans la province du Sichuan, et la situation serait extrêmement tendue. Des informations font également état de manifestations dans la province du Gansu.

D’après certaines personnes, la « terreur » règne à Lhassa ; la police et l’armée fouillent les maisons une par une et procèdent à des arrestations. Les conditions de détention des personnes arrêtées suscitent de graves inquiétudes.

Le gouvernement a indiqué que les personnes impliquées dans les mouvements de protestation devaient se livrer avant le lundi 17 à minuit sous peine d’encourir « de sévères sanctions ». Des témoins ont signalé que des habitants de la ville sont traînés hors de chez eux, et que les Tibétains qui ont chez eux des photos du Dalaï Lama sont emmenés par les forces de l’ordre.

Des sources officielles chinoises ont indiqué que 13 « civils innocents » avaient été tués par des émeutiers tibétains. Selon des sources tibétaines en exil, 99 Tibétains ont été tués par les forces de police armées.

Les autorités chinoises bloquent presque totalement les informations en provenance du Tibet et des régions environnantes. Elles ont coupé les liaisons par téléphone portable et par Internet à l’intérieur du Tibet. Les informations étrangères relatives au Tibet diffusées en Chine sur des chaînes étrangères sont censurées : l’écran devient noir.

Amnesty International demande aux autorités chinoises de ne pas recourir à une force excessive pour rétablir l’ordre.

« Les autorités doivent également rendre pleinement compte de toutes les personnes arrêtées et veiller à ce qu’elles ne soient pas torturées ni soumises à d'autres formes de mauvais traitements, à ce qu'elles puissent entrer en contact avec un avocat et recevoir des soins médicaux, à ce qu’elles soient présentées rapidement à un magistrat indépendant, et à ce qu’elles puissent contester leur détention, a déclaré Catherine Baber, directrice du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« La Chine doit permettre aux journalistes et aux autres observateurs indépendants de se rendre sans entrave au Tibet et dans d’autres régions où vivent des Tibétains. Elle doit également permettre à l’ONU de mener une enquête indépendante sur les événements de la semaine dernière. »
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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 14:10
Partout en France la communauté bouddhiste manifeste son soutien au peuple tibétain et  dénonce la politique chinoise de répression. Les Bouddhistes sont soutenus par la ligue des droits de l’homme et Amnesty International France

Les Tibétains sont de nouveau victimes de la répression orchestrée par les autorités chinoises. Les journalistes ne peuvent se rendre sur place. Face à cette attitude autoritaire, les réactions doivent être claires : condamner la Chine pour non-respect des droits de l’homme, et veiller à ce que ces exactions ne se répètent, une fois l’attention médiatique retombée.

Depuis le 10 mars dernier, les manifestations antichinoises de Tibétains ont donné lieu à une répression intense. On parle officiellement de 13 morts, mais les associations de Tibétains en exil évoquent le chiffre de cent tués, voire plus. Les manifestants auraient utilisé la violence selon les autorités chinoises, qui auraient légitimement répondu. Mais le défaut d’informations autour de ces événements laisse à penser que la Chine utilise cet argument pour sa propagande.

Pourquoi aurait-elle empêché les médias du monde entier de pénétrer sur le territoire tibétain, si ce n’est pour masquer la réalité des faits ?

Il faut rappeler que la Chine a mis la main sur le Tibet en 1949.   Ce n’était autre chose qu’une colonisation forcée,  Il y a eu une sinisation qui n’a fait que se confirmer au cours des décennies suivantes. Il faut savoir que les manifestations du 10 mars dernier signaient la commémoration de la rébellion tibétaine de 1959, qui a marqué l’exil du Dalaï Lama en Inde. Et de telles protestations ne s’étaient pas produites depuis 1989. À cette époque, c’est le chef de l’État chinois actuel, Hu Jintao, qui les avait réprimées dans le sang. Aujourd’hui c’est un rasle- bol des Tibétains qui se manifeste.

Cette démonstration de force des autorités chinoises prouve que leurs promesses en matière de droits de l’homme n’étaient que poudre aux yeux. Pourtant, lors de l’attribution à l’empire du Milieu des Jeux olympiques d’été 2008, la Chine s’était engagée à laisser les journalistes faire leur travail. Et elle a signé, sans contraintes, les accords internationaux sur le respect des droits de l’homme. La stigmatisation virulente du Dalaï Lama, accusé d’être l’instigateur des émeutes par le régime chinois, montre bien que la Chine ne veut pas voir ou donner à voir ce qui est en jeu. C’est la manifestation d’une mauvaise foi et d’une une vision paranoïaque très caractéristiques de la mentalité du régime. Cette attitude prouve que les autorités chinoises ne veulent pas changer d’un iota. Car le Tibet, comme d’autres sujets, interpelle. Ils sont évocateurs des fractures béantes qui existent au sein du régime politique chinois.

La réaction chinoise souligne bien à quel point elle n’en a pas fini avec l’autoritarisme.
Une pratique qu’elle applique d’autant plus au Tibet, province stratégique par excellence.
Riche en ressources naturelles, elle est surtout une sorte de mirador pour surveiller les voisins de la Chine.

Face à ce constat accablant, les réactions internationales doivent s’abstenir de toute complaisance.
Les intérêts économiques considérables que représente le marché chinois pour de nombreux pays occidentaux ne peuvent justifier un mutisme coupable.

On estime encore que la Chine n’est pas comme nous. Et on explique tout par le relativisme culturel. Ce qui est en jeu, c’est une remise en cause de l’universalité des droits de l’homme. Ce n’est pas parce que la France ou d’autres pays ont eux-mêmes leurs démons, qu’ils ne doivent pas se prononcer contre toute atteinte faite aux droits de l’homme

Alors, comment réagir ? D’abord, condamner publiquement ces exactions. Mais la réaction ne doit pas seulement être événementielle. Il faut réfléchir au long terme, et enfin établir une profonde
réflexion quant à notre attitude à l’égard de la Chine

Une concertation sur l’avenir du Tibet entre les autorités chinoises et les responsables tibétains en exil, notamment
le Dalaï Lama, serait sans nul doute la meilleure solution.
Car, faut-il le rappeler, le chef spirituel bouddhiste ne réclame pas l’indépendance mais seulement le droit à une autonomie culturelle.

RSF appelle au boycott de la cérémonie d’ouverture des JO :

Reporters sans frontières avait déjà lancé sa campagne contre la censure médiatique en Chine . Mais l’organisation réagit aujourd’hui avec vigueur aux évènements tragiques du Tibet. « La Chine n’a respecté aucune des promesses qu’elle avait faites en 2001, lorsqu’elle avait été choisie pour organiser les prochaines olympiades. Au contraire, le gouvernement réprime dans la brutalité les manifestations tibétaines et impose un black-out total sur l’information. (…) Les responsables politiques du monde entier ne peuvent plus rester silencieux face à une telle situation. Nous les appelons à exprimer leur désapprobation de la politique chinoise en annonçant leur intention de ne pas assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Le Prince Charles, en Grande-Bretagne, a déjà indiqué qu’il n’irait pas à Pékin le 8 août prochain. D’autres doivent suivre », a déclaré Reporters sans frontières.

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 11:01
Toutes les croyances sont respectables, mais pas toutes les pratiques, en particulier celles de la Scientologie.

"En France, les sectes sont un non-problème", affirme Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet  du président de la République dans un entretien publié par l'hebdomadaire VSD.

Elle y estime aussi qu'"on peut s'interroger" sur la menace représentée par l'Eglise de Scientologie, considérée comme une secte dans les rapports parlementaires français mais qui bénéficie du statut de religion aux Etats-Unis notamment.

Selon VSD, Mme Mignon aurait ainsi qualifié de "scandaleuse" la liste rédigée par la commission parlementaire, où figure la Scientologie.

Elle aurait aussi indiqué que le gouvernement veut "transformer" la Miviludes qui, "à part publier des rapports annuels", "ne fait rien", et "rattacher ce nouvel organisme au ministère de l'Intérieur" plutôt qu'au Premier ministre.

Alors que les positions de Nicolas Sarkozy sur la religion et la laïcité continuent de faire grincer des dents, les propos prêtés à Mme Mignon ont été vivement attaqués.

Daniel Vaillant, ancien ministre socialiste de l'Intérieur et des Cultes, estime pour sa part que les propos de la directrice de cabinet, s'ils ont été tenus, confirment que depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, "le combat contre les mouvements sectaires est sérieusement menacé" en France. Pour Daniel Vaillant, le lobbying mené depuis des années par cette organisation pour bénéficier d'un statut protecteur et fiscalement avantageux "rencontre la bienveillance de celui qui ne cachait pas sa fierté il y a quelques années de recevoir le VRP de cette organisation."

Alors qu'il était ministre de l'Economie et des Finances, Nicolas Sarkozy avait accueilli le 30 août 2004 à Bercy l'acteur américain Tom Cruise, membre de l'Eglise de scientologie, classée par la Miviludes comme une secte.

"Aujourd'hui, des conseillers du président vont jusqu'à banaliser des mouvements tels que la scientologie", ajoute-t-il.

Même le camp de l'UMP est ému par ces propos:

Alain Gest (UMP), membre du conseil d'orientation de la Miviludes, a fustigé "une méconnaissance totale" de la question des sectes.

Jean-Pierre Raffarin, l’ancien Premier ministre, a donné quelques conseils à Emmanuelle Mignon: «S’exprimer, c’est un métier. On ne passe pas de l’ombre à la lumière sans éclat. Et donc, ce genre de polémique, on s’en passerait, surtout en période électorale.»

Le souverainiste de droite Nicolas Dupont-Aignan a appelé le chef de l'Etat à "clarifier la position de l'Etat".

François Bayrou (MoDem) s'est indigné d'"une réhabilitation de la Scientologie". Il a rappelé la visite en 2004 de l'acteur américain Tom Cruise, adepte de ce groupe, à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie.

"L'historien allemand de renom Guido Knopp a comparé l'acteur et membre de l'église de la scientologie Tom Cruise au ministre nazi de la propagande Joseph Goebbels, dans un article paru dimanche. "Tom Cruise se met en scène comme Goebbels", a dit à la Bild am Sonntag l'expert de la Deuxième Guerre mondiale après avoir visionné une vidéo où la vedette hollywoodienne fait un discours devant des membres de la scientologie.
Dans cette vidéo qui remonte à quatre ans, visible sur l'internet et dont Bild publie des photos, Tom Cruise en costume, chemise et cravate noirs, adossé à un pupitre en marbre et dorures orné du symbole de la scientologie et avec derrière lui une énorme carte du monde, lance : "Should we clean this place up?" ("Devons-nous nettoyer ce monde?"). Une foule l'accueille avec un "Yes" ("Oui") massif.
"Il est possible que la manière de parler de Cruise soit assez courante dans nombreux “mouvements d'éveil” aux Etats-Unis," mais "par la force des choses, cette scène rappelle pour chaque Allemand qui s'intéresse à l'Histoire le tristement célèbre discours de Goebbels au Palais des sports," souligne Knopp dans le journal. Le 18 février 1943, Gebboels avait hurlé dans le Palais des sports de Berlin : "Voulez-vous la guerre totale?", approuvé à l'unanimité par une foule en délire."

Rappelons quelques données sur la Scientologie:

Le but de la Scientologie étant de faire progresser l'homme, de le débarrasser de tout ce qui bloque son mental et nuit à son épanouissement, l'adepte doit commencer par une purification, avec jogging, sauna et cure survitaminée. La seconde étape est d'éliminer "les engrammes, c'est-à-dire les mauvais souvenirs qui seraient responsables de nos maladies psychosomatiques, parasiteraient nos pensées, altéreraient nos jugements." Une forme de psychanalyse par la verbalisation a pour objectif de sonder le passé, voire les vies antérieures. L'audition de l'adepte se déroule, vernis scientifique oblige, à l'aide d'un électromètre, appareil inventé par Hubbard pour localiser les engrammes. L'appareil, dont l'aiguille ne bouge plus quand, à l'évocation d'un mauvais souvenir, il n'y a plus d'engrammes, "n'est rien d'autre qu'un leurre destiné à donner un aspect scientifique à une opération qui n'a rien de tel".

Pour donner un peu plus de consistance scientifique à ses théories, Hubbard les a assorties, sur le mode des "lapalissades", de 194 axiomes. "Rappel de la définition d'un axiome selon le Petit Robert : une vérité indémontrable ! Pratique."

Pour Arnaud Palisson, auteur de "La Grande Enquête sur la Scientologie, une secte hors la loi", les activités de la Scientologie contiennent de nombreuses infractions à la loi. En fait "l'électromètre est un simple ohmmètre" [...] "dans un joli boîtier", vendu à un prix prohibitif, pratique qui relève de la tromperie en droit de la consommation. Les séances d'audition et autres tests de personnalité peuvent être considérés comme de l'"escroquerie en bande organisée." La démarche de purification s'apparente à un exercice illégal de la médecine. "Pire : les scientologues se substituent parfois aux psychiatres en mettant à l'isolement durant des semaines (voire des mois) des adeptes qu'ils jugent psychotiques." On pourrait se demander pourquoi la Scientologie n'est pas inquiétée, mais les choses seraient en train de changer avec plusieurs instructions judiciaires en cours en France et en Europe. L'utilisation par les juges de la thèse d'Arnaud Palisson "semble avoir conduit à une requalification de certains faits visant de hauts responsables de la secte, susceptibles d'aboutir à une repression accrue".


 

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